Approche globale de la consultation en ostéopathie

En effet, beaucoup privilégient le volet technique lors de la consultation, sans accorder d’importance au côté relationnel, certes subjectif, mais ô combien important. La prise en charge psychologique du patient est une phase essentielle et délicate de la consultation. Elle permettra (ou non) d’établir une relation de confiance entre le thérapeute et son patient, posant ainsi les bases d’un soin efficace et de qualité.

Quelques points de repère pour appréhender cette facette :

1. ETRE A L’ECOUTE DU PATIENT : D’abord, la gestuelle. Dés la salle d’attente (position assise ou non, déplacements, etc.), jusqu’à l’anamnèse où le patient par les indications de la main détermine la ou les zones qui posent problème. Puis, le langage oral. Il ne faut pas seulement entendre le patient, mais aussi l’écouter… , enfin !! dirais-je. Car de nos jours, nous manquons d’empathie pour découvrir la façon unique de chacun de percevoir son corps, ses dysfonctionnements et son entourage.

2. ADAPTER SON ATTITUDE : Le premier contact est primordial. De la poignée de main ferme et décidée, en passant par le sourire, le regard et plus globalement, une attitude accueillante, chaleureuse et bienveillante amène à effacer les éventuelles appréhensions. Il s’agit d’établir le contact afin de placer le duo ainsi formé dans les meilleures conditions de collaboration pour le traitement proprement dit. Le praticien pourra ainsi faire des choix éclairés pour mener à bien la mission dont son patient l’a investi.

3. RECONNAITRE ET FIDELISER : Les patients sont, en premier lieu, des individus. Autrement dit : des personnes uniques qui ont besoin d’être reconnues en tant que tel. Bien sûr, on ne peut pas mémoriser toutes les données que l’on peut récolter dans une journée ! Alors, tenir à jour ses fiches patients devient une nécessitée. Avec les renseignements habituels classiquement collectés lors de l’entretien et du bilan, il est utile d’ajouter des petites choses qui sont importantes pour chacun (passion, prénom du petit dernier, etc.). Ainsi, lors d’une prochaine visite, le praticien pourra renouer rapidement un lien fort basé sur la reconnaissance et la confiance mutuelle.

4. GARDER LA DISTANCE SOIGANT/SOIGNE : L’outil psychologique se révèle à l’usage une aide précieuse pour le thérapeute averti. Malgré tout, il faudra l’utiliser avec perspicacité pour aboutir aux objectifs d’efficacité, de tact et mesure qui guident l’ostéopathe dans sa démarche. Il faudra garder à l’esprit de rester dans son domaine de compétence qui demeure l’ostéopathie où le praticien avisé pourra œuvrer en toute liberté.

Correctement mis en œuvre, ces outils, au demeurant non exhaustifs, combinés à des techniques adaptées et précises constituent les clés d’une consultation ostéopathique plénière et réussie. Et même si la maitrise technique demeure la fondation primordiale de notre pratique, nous nous devons d’apporter, chacun selon notre sensibilité, une autre dimension à la consultation d’ostéopathie.

Pour conclure, je citerai Confucius pour nous guider sur la voie de l’élévation dans l’art manuel de guérir :

« J’entends, j’oublie. Je vois, je me souviens. Je fais, je comprends. »
Par MEDALIN Didier, ostéopathe D.O.